Introduction

Lors de notre WE d’Église à Corny au mois de juin nous avions réfléchis sur les dons et le service dans l’Église. Peu avant nous avions également passé un dimanche après midi ensemble et nous nous étions penchés sur la vie de l’Église et comment mener à bien le « projet d’Église » défini je crois fin 2007.

À l’époque de Néhémie les israélites avaient pris un engagement : celui de se lever pour rebâtir les murailles en ruines de Jérusalem !

Contexte histotique de Néhémie 3

Dès son arrivé à Jérusalem, Néhémie fait le tour de la ville et constate les dégâts, puis il rassemble le peuple et lui dit qu'il ne sert à rien de rester là, à se lamenter sans rien faire, mais qu'au contraire, il faut prendre son courage à 2 mains, relever les manches, se mettre au travail pour reconstruire les murailles. Le peuple touché par les paroles de Néhémie prend une décision : levons-nous et bâtissons les murailles de Jérusalem (2.18).

Pour ce texte ?

Non, loin de là.

D’abord parce qu’elle m’a paru trop belle, trop bien frappée pour ne pas être utilisée en ce début d'année. Elle s'impose à moi comme un défi à relever. Levons-nous et bâtissons l'Église à Meulan ! Certains me diront prétentieuse, je n'en suis pas si sûre, car si l'Église n’est pas en ruines, elle est tout de même en chantier. Dans l’Écriture, l’Église est souvent comparée à un corps, mais aussi à un bâtiment, un édifice en construction, qui a besoin d’ouvriers. Jésus lui même, la première fois qu'il parle d'Église, utilise précisément le verbe bâtir en disant Matt 16.18 : je bâtirai mon Église. En fait, seul Jésus est capable de construire l’Église. Il en est l’architecte, le maître d’œuvre mais aussi le fondement, la fondation, la pierre d’angle comme nous dit Pierre (1 Pi 2), c'est-à-dire, la pierre la plus importante, celle sur qui repose l'édifice. L’Église, n’est pas - ou du moins pas seulement, le bâtiment dans lequel les chrétiens se réunissent, (même si c’est un des sens que les dictionnaires confère à ce mot), mais l’Église, c’est l’ensemble des croyants, elle est construite selon l'expression de Pierre avec « des pierres vivantes ». Pierre utilise cette image pour bien montrer que le temple nouveau que Dieu construit, n’est pas un édifice de pierres, mais qu’il est constitué de personnes, de croyants, de « pierres vivantes ». Lorsqu’une personne se donne au Seigneur, le Seigneur l’ajoute à l’Église, qui de la sorte se construit sans cesse. L’Église est donc comparable à un chantier sans cesse en construction, et cela est vrai tant pour l’Église universelle, qui est l’ensemble de tous les vrais croyants, nés de nouveau, que de l’Église locale, qui est la manifestation visible en un lieu donné de cette l’Église invisible, universelle connue de Dieu seul. Cependant, si Christ seul peut ajouter des pierres à l'édifice, il ne veut pas travailler seul. Le Seigneur veut que, tous, travaillent dans son immense chantier. Il nous invite donc, chacun à prendre notre « truelle », pour construire avec lui, et sous ses ordres. Grâce, privilège, faveur imméritée ! En sommes nous conscients ? L'Église est donc une équipe d’ouvriers du bâtiment qui travaille dans le chantier de Dieu. Vous l’aurez compris, si j’ai choisi ces quelques versets pour base de notre méditation de ce matin, c’est parce qu’ils me semblent refléter ce que nous voulons et allons vivre ensemble durant l’année qui s’ouvre devant nous. L’Église, cette grande famille, dans laquelle nous sommes appelés à évoluer, grandir, travailler. Dans laquelle nous sommes appelés à nous réjouir et à pleurer ensemble. Lors de la cérémonie d’ouverture du Temple, Jacques Mille et Émile Nicole, qui faisaient parti des tous premiers, nous ont rappelé les débuts de l’Église ici à Meulan. Si au départ cinq personnes se retrouvaient pour le culte dans une salle municipale, en 1982 l’association cultuelle était déclarée. Depuis cette « époque des pionniers », nous avons parcouru du chemin, nous n’avons pas réparé des murailles mais avons pour plusieurs participé à l’aventure construction. Et quelle aventure ! Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à demander. Mais ce n’est pas mon propos ce matin. Car, que nous soyons arrivé à Meulan il y a 20 ans ou plus, 18 mois, trois semaines ou moins, et quelque soit notre âge, si le Seigneur nous y a conduit c’est pour un but bien précis, celui de le découvrir lui, le seul vrai Dieu, de nous fortifier et de grandir sous son regard bienveillant en veillant et nous exhortant les uns les autres jusqu’à ce que nous ayons atteint la stature parfaite d’hommes murs – ce qui dit en passant durera toute notre vie. Ensemble, nous devons aussi nous appliquer à faire connaître la Bonne Nouvelle de Jésus Christ autour de nous et ce faisant nous participerons à la construction de l’Église constituée non de briques ou de ciment, mais de pierre vivantes comme nous l’avons déjà mentionné. Voilà donc le chantier. Et les équipes ?

Tous travaillaient, enseignaient, étudiaient, priaient, œuvraient tendu vers un même but, glorifier et servir le Seigneur.

Mais, tout comme à l’époque de Néhémie, les Samballat et les Tobiya ne tarderont pas à se manifester. Ils ont pour nom découragement, frictions, tension, défaillance, manque de ressource, fatigue et même rivalité, différence de point de vue, incompréhension, solitude… Samballat, Tobiya, les Arabes, les Ammonites, les Asdodiens « se liguèrent tous ensemble pour aller attaquer Jérusalem et y semer le désordre. » nous dit la Parole de Dieu. (Néh 4.2) Et oui, il n’y a rien de nouveau sous le soleil !

Certes, les difficultés extérieures de tous ordres ne vont pas manquer, mais si nous relisons d’autres versets comme Néh. 3.5 « …certains refusaient de travailler sous les ordres des maîtres d’œuvre… » ou encore Néh. 4.4 «…déjà le peuple murmurait : ceux qui portent les fardeaux sont à bout de force et les tas de décombres restent énormes.», et plus loin en Néh. 5.1,4 ss « certains se plaignirent vivement de leur compatriotes… » Nous nous apercevons donc que les difficultés ne viennent pas que de l’extérieur. Il faut aussi parfois faire face aux luttes intestines aggravées n’en doutons pas par les différences d’âges, de culture, d’origines ecclésiales, les habitudes différentes… Bref, tous ces mille et un petits facteurs qui peuvent transformer la richesse de la vie communautaire en tristesse et désolation.

Mais je ne voudrais pas finir sur une note aussi pessimiste. Néhémie a su organiser et motiver ses équipes. Malgré les difficultés, chacun a pu et su trouver sa place dans cette belle entreprise. Même leurs adversaires ont été confondus et après 50 ans de dur labeur « la muraille fut achevée… et lorsque tous nos ennemis et tous les païens qui nous entouraient l’apprirent, ils furent saisis de crainte et profondément humiliés à leur propre yeux, car ils reconnurent qu’un tel ouvrage n’avait pu être mené à bonne fin qu ‘avec l’aide de notre Dieu. » (Néh 6.15,16)

Donc, ici à Meulan, en 2008 Luc, le pasteur, se mit au travail avec ses collègues, Luc le président du conseil, Denis le trésorier… À côté d’eux Delphine, Sylvie, Iseult, Élisabeth, Christophe, Jean Daniel…, se chargèrent de l’enseignement. À côté d’eux, Martin, Jean-Marc, Pascal, Julie, Anelle… se chargèrent de la musique, À côté d’eux…. Bon, je ne vais pas relire tout le texte.

Vous avez saisi, nous sommes tous réunis ici ce matin pour un seul but, accomplir la volonté de Dieu et répondre à la vocation qu’il nous a adressée et croyez moi, lorsque les choses deviennent plus difficiles il est bon de s’en rappeler. Pour reprendre l’image chère à Paul, nous faisons parti d’un même corps et nous avons tous besoin les uns des autres. Dieu a donné à chacun des dons différents, complémentaires, utiles et nécessaires à l’édification de l’ensemble.

Je vous invite maintenant à un moment de prière libre. Pensons à tous ceux qui, au près comme au loin, œuvrent à nos côtés. Pensons aussi à ceux qui seraient découragés, fatigués ou un peu perdus. Pensons à ceux qui passent par des moments difficiles, et prions que Dieu nous donne de vivre, ensemble, une année bénie sous son regard.

Marie-Claude Saout